Promotion de la santé reproductive de jeunes filles en commune de Karisimbi

Le projet “Promotion de la santé sexuelle et reproductive de jeunes filles de 12 à 22 ans en commune de Karisimbi” a été financé par le Fonds pour les Femmes Congolaises – FFC et exécuté par l’ Association Ugeuzi/Congo Change – ASUCO pour une période allant d’Octobre 2021 à Mars 2022. 

QU’AVONS-NOUS APPRIS GRÂCE A CETTE INTERVENTION? 

(1) “L ’absence d’un cadre permanant d’éducation, d’échange d’expériences et de sensibilisation de jeunes adolescent-e-s sur la santé sexuelle et reproductive constitue l’une des causes de la délinquance juvénile, des grossesses non-désirées et de l’augmentation des cas des maladies et infections sexuellement transmissibles chez les jeunes. Les tabous et les interdits développés au sein de la société laissant les parents dans la honte de discuter des sujets dont les enfants veulent savoir la vérité sont aussi des barrières à l’épanouissement des jeunes et contribuent à la multiplicité des cas de violences sexuelles et sexistes dans la communauté et même aux échecs scolaires chez les filles car, plus d’une fille sur 10 a déjà été absente à l’école à cause de ses règles et par manque de bande hygiénique appropriée pour se protéger correctement pendant sa période de menstruation.

En procurant aux jeunes un espace de discussions sous un guide formé et de leur génération, les jeunes se sentent libérés de leurs fardeaux qui mettent leurs vies dans des tâtonnements, dans le manque d’estime de soi et dans le désespoir dus au manque d’accès à l’information sûre. L’approche de la pair éducation couplée aux moments d’échange d’expériences libère les jeunes et les boostent à adopter le plus vite un comportement responsable avec bonne gestion de leurs moments de curiosité durant lesquels nombreux perdent leurs visions de vie pour croupir dans une vie gâchée. Cette approche est à promouvoir dans tous ou presque tous les domaines de la vie et surtout chez les jeunes pour leur santé de la reproduction, la lutte contre les VBG et les EAS/Harcèlement sexuel, le développement de leur leadership et de leur participation politique, leur autonomisation, et pour la cohabitation pacifique et la protection transversale.”

60 jeunes filles en formation organisée par ASUCO
Madame Gisèle KAMBESA, représentante du partenaire financier FFC parle aux jeunes filles en formation.

(2) “La culture et l’éducation que subissent les enfants en famille et dans la société mystifient les débats au tour de la santé de la reproductive. Elles en font des sujets tabous et donc ne pouvant pas être débattus en famille entre enfants et parents. Plusieurs parents craignent d’initier ce genre de débat sous prétexte que la communauté les trouverait comme briseurs des mœurs et des traditions et donc conduisant les enfants à la connaissance des questions qu’ils découvriraient d’eux-mêmes. Pour les enfants filles, nombreuses coutumes soutiennent que c’est seulement la veille de son mariage que la fille recevrait des conseils sur sa santé de la reproduction à partir d’une de ses tentes: chose qui amène nombreuses femmes à débuter leur vie de mariage dans une atmosphère d’angoisse étant donné que les conseils qu’elles reçoivent la veille de leur mariage restent aussi de nature à tout mystifier en rapport avec leur santé de la reproduction. Les enfants grandissent sachant que pour toute question liée à leur santé de la reproduction, aucune réponse ne peut leur être réservée par les parents et que chaque enfant ne devrait que mener ses recherches pour en savoir à travers l’éducation diffuse. Ces enfants deviennent ainsi victimes de plusieurs rumeurs au tour de leur santé , elles ramassent des informations non vérifiées et les retiennent pour vraies. Malheureusement, la communauté connaissant encore une prolifération des cas d’abus, d’exploitation sexuelle, de harcèlement et cyber violence sexuels et de proxénétisme, les enfants et jeunes se trouvent menacer et leurs informateurs en profitent pour abuser d’eux/d’elles: les conseils reçus dans la rue, chez les femmes proxénètes qui les côtoient sont de nature à leur priver de la bonne santé et de perpétrer des cas de viol, violences sexuelles et autres actes de VBG tout en propageant des IST et VIH/SIDA. Plusieurs filles sont ainsi victimes de mauvaises informations au tour de leur santé sexuelle et reproductive. Elles n’en parlent pas aux personnes sûres et susceptibles de les aider, car elles craignent les préjugés de ce qu’elles se comportent mal pour le fait d’aborder ces genres de sujets pris pour tabous.”

(3) “A l’école, les enfants sont exposés devant des enseignants vivant les mêmes tabous et ne pouvant pas aborder le sujet de la santé reproductive avec tous les détails possibles. Les enseignants essaient ainsi d’échapper à certaines questions des enfants en jugeant les enfants de dérangeurs. Fort malheureusement, les enseignants qui seraient appelés éducateurs des enfants évaluent le niveau d’intérêt des enfants à la connaissance des sujets au tour des questions de santé de la reproduction pour en faire un piège de perpétrer les actes de harcèlement sexuel envers ces enfants. Les enfants, en ignorance et croyant que leurs enseignants auraient une bonne intention derrière leurs efforts, accordent à leurs bourreaux toute leur confiance en acceptant toute proposition pensant que c’était pour leur bien. A travers les interventions et les échanges entre les jeunes dans les clubs de pairs éducateurs, les jeunes filles accompagnées ont amélioré leurs perspectives de vie, leurs considérations vis-à-vis des questions liées à leur santé sexuelle et reproductive et leur estime de soi. Les causeries guidées ont été une opportunité pour nos jeunes filles à briser les tabous développés autour de leur santé de la reproduction, d’apporter solution aux multiples défis de la société et surtout aux problèmes de leur santé de la reproduction. Grâce aux débats ouverts et aux orientations qu’elles obtiennent de l’équipe ASUCO, les filles ont découvert et pris de bonnes initiatives les aidant à promouvoir leur santé de la reproduction et celle de leurs pairs. Lorsqu’elles ont accès à un espace de discussion au tour de leur santé, les filles saisissent cette opportunité et cherchent à tout prix comment se l’approprier.” 

QUELS ONT-ILS ETE LES RESULTATS DE L’INTERVENTION?

  • 60 jeunes filles de 12 à 22 ans réparties en 2 aires de santé (Majengo et Katoy) ont amélioré leurs connaissances sur la pair éducation, l’hygiène menstruelle et la prévention des IST/VIH/SIDA et ont mis en place 4 clubs de pair éducation leur servant de cadres d’échange pour des causeries éducatives et des sensibilisations et comme structures de surveillance de leur bonne santé de la reproductive; 
  • Les jeunes filles qui, jadis avaient de fausses conceptions autour de la santé de la reproduction et sur les IST/VIH/SIDA suite aux multiples tabous et interdits développés et nourris par leur environnement et en familles, ont acquis des connaissances structurées et des informations sûres et fiables dont elles avaient besoin pour devenir des agents de changement au sein de la communauté, combattre les grossesses non-désirées et les avortements clandestins et mieux se rendre propres pour ne pas souiller leur environnement lors de leurs périodes de menstruation; 
  • Elles ont été sensibilisées sur l’hygiène menstruelle formées en fabrication et utilisation des serviettes hygiéniques réutilisables;
  • Grâce aux connaissances gagnées sur la fabrication des serviettes hygiéniques, elles produisent leurs propres serviettes hygiéniques qu’elles utilisent au lieu d’user de couches souillées lors de leurs  menstrues; elles en vendent d’autres à leurs pairs à moinde coût pour les aider à avoir accès à une bonne hygiène menstruelle mais également entant qu’activité génératrices desrevenus pour leurs clubs; 
  • Les jeunes filles qui n’avaient pas accès aux cotex à usage unique suite aux conditions de vie difficiles en familles, celles qui rataient les cours à l’école lors de leurs menstruations de peur qu’elles soient ridicules devant leurs pairs suite à la méconnaissance des notions d’hygiène menstruelle, de fabrication et d’utilisation d’une bande propre et localement faite, et celles qui étaient victimes de multiples infections suite aux couches souillées dont elles faisaient usage lors de leurs périodes de menstruation et également à cause de ne pas en parler aux parents pour ne pas briser les tabous ont eu des capacités renforcées techniquement en production et utilisation des serviettes hygiéniques et sont disposées à les produire et les utiliser à moindre coût même quant leurs parents n’ont pas de moyen pour subvenir à leurs besoins en hygiène menstruelle;
  • 180 jeunes filles ont été réunies en 3 conférences d’échange d’expériences pour échanger sur leur santé de la reproduction ; 
  • 118 jeunes dont 38 garçons et 80 filles ont été sensibilisés sur la connaissance des VBG, leurs formes, causes, facteurs favorisants, conséquences, leurs effets sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes et également sur la nécessité de la dénonciation; 
  • 118 prospectus ont été distribués pour servir d’outils de sensibilisation pour les jeunes au sujet des VSBG et le numéro vert du FFC (le 0811028217) a été communiqué aux 118 jeunes afin qu’ils s’en servent pour dénoncer tout acte ou tentative de VBG, EAS et de harcèlement sexuel.

GAP

Le gap à relever est encore énorme car la demande d’intervention est encore très forte pour le volet presque sans intervenants. Le nombre des jeunes en besoin d’accompagnement suivant l’approche suivie est très élevé, car le projet rencontre un besoin non encore couvert ni intervenu depuis plusieurs années. Les jeunes filles comme garçons sont en nécessité d’être outillés pour la promotion de leur santé et de leur leadership dans la lutte contre les VBG, les IST, VIH/SIDA et autres défis auxquels ils sont confrontés. 

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